mercredi 16 février 2011

Les fruits de la colère : le Vivant ne doit pas être un terrain de jeu financier !

40 millions de personnes supplémentaires ont rejoint en 2010 les rangs des sous-alimentés de la planète du fait de la hausse des prix des denrées alimentaires, ce qui porte le nombre d'affamés dans le monde à 963 millions de personnes, selon les estimations préliminaires de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

L'info du jour hier soir, trente secondes au journal de la nuit.
(regardez cette photo, quel beaux épis... bourrés de Trifluraline, de dibromochloropropane...)

Ici, la flambée spéculative des prix des céréales fit monter à hier 1000 agriculteurs producteurs de porc, Place de Invalides à Paris. Après avoir tenté de se rapprocher de l'Assemblée Nationale, ils furent repoussés par les forces de l'ordre. On "tape" de mille façons sur les esclaves modernes qui nous nourrissent.

(Lire l'article et voir le témoignage d'une agricultrice)

Et ce matin, émission-choc ce matin sur France-Inter l'émission d'Isabelle Giordano qui présentait "Le livre Noir de l'agriculture" de Isabelle Saporta 

Saporta dit : "Notre agriculture ne respecte ni le pacte social qui la lie aux paysans, ni le pacte environnemental qui la lie aux générations futures, ni même le pacte de santé publique qui la lie à chacun de nous. Les ressources d’eau sont gaspillées et polluées. Nous recevons chaque jour dans nos assiettes notre dose de pesticides et autres résidus médicamenteux. L’agriculteur ne s’en sort plus, et il est injustement voué aux gémonies, lui qui n’est que le bouc émissaire d’un système qu’il subit." On ne peut être plus claire.  

Chaque jour pose la question de l'agriculture intensive, des prix accordés aux producteurs, de la qualité de ce qu'on achète, et  par extension de la faim dans le monde.

Pierre Priolet dit très bien : Pourquoi faut-il appeler Bio ce  qui devrait être la seule norme ? (Voir le chercheur de l'INRA démissionaire, qui ouvre sa gueule, et montre en plein champ ce qui se passe) :

video


Alors, pour quoi, pour qui, payer plus cher ce qui en définitive empoisonne, depuis la graine délivrée par les grands groupes "alimentaires" (mais l'est-ce bien ?) jusqu' à nos tissus imprégnés par l'air ambiant (nano-particules démontrées par l'étude ci-dessous*) et les poisons qui servent à produire en plus grand e quantité ce qu'on mange, jusqu'à l'eau qu'il faut retraiter en sortie de chaîne, jusqu'à l'océan qui est notre poubelle ?

Faisons l'expérience, donnons trois types de lait à un chat, il fonce vers le lait "bio", pourquoi ?

Alors conscients des dangers auxquels ils exposent la population agricole depuis 50 ans, l'UIPP, les profesionnels des pesticides (pas de conflits d'intérêts) agréés par l'Etat propose le label
"Certito". Formation obligatoire de deux jours déstinés à l'érgoomie des agriculteurs. Véritable bourrage de crâne des agro-industries pour labelliser les agriculteurs déjà esclaves du système capitaliste contre lequel on croit ne rien pouvoir faire, prisonniers de tout les industries les réduisant à la condition de techniciens à 95 h/semaine et à 400 euros/mois, surendettés, avec d'un côté les banques qui se gavent sur leur crédit obligé, les supermarchés qui se gavent sur leurs marges honteuses, les actionnaires des Monsanto et Pionneer qui se gavent, et nous qui nous gavons de produits préparés ou reconstitués, crevons de bouffer des biocides, littéralement qui tuent la vie :  car que trouve-ton dans la liste des phytosanitaires :
pesticides, némanticides, herbicides, rodenticides, mullosicides, fongicides, corvicides, et régulteurs de croissance (!) rebaptisés joliment produits phytosanitaires. Le reportage de Dorothée Barbat en milieu d 'émission sur le terrain auprès des agriculteurs ainsi formés est édifiant. réecouter

Haro sur les paysans, non : l'étude d'airParif "concentration en pesticides dans l'air Francilien ici en pj : 86% du tonnage provient de l'usage des particuliers en zone non-agricole entendez Mme Michu dans son jardin.
Et on parle de principe de précaution ? lisons ensemble : 

Exposition aux produits en % de cancers :
  • chez l'enfant d'agriculteur, plus forte moyenne de tumeurs cérébrales
  • chez les femmes agricultrices, malformations fœtales, avortement spontanés
  • chez les hommes, des molécules couramment utilisées comme le 2,4 D et le dibromochloropropane serait responsables de stérilité masculine. Ne cherchez pas plus loin, lisez tout, et allez acheter bio auprès d'un amap.


Il n'existe aucune réglementation sur le niveau de pesticides dans l'air ambiant.  Or, c'est de cela que l'étude parle, et c'est en cela qu'elle diffère des autres.

Toute la société des gens bien intentionnés est donc rendue dépendante d'une agriculuture intensive industrielle et chimique et arrive à un point de déséquilibre social et sanitaire qui fait qu'elle pose plus de problèmes qu'elle n'en résout.
Alors, qu'est-ce que tout cela ? Une folie suicidaire qui s'empare de l'humanité ? Non. C'est un immense terrain-de-jeu pour les actionnaires et les grands groupes financiers. Leur propos est de produire de l'argent, pas du bio, pas du vivant, pas du sain... à croire qu'ils ne mangent pas eux-mêmes et n'ont pas d'enfants...
Ils investissent d'un côté sur le marché de l'agriculture ou plus précisément dans l'industrie chimique qui se trouve en amont, et ils spéculent sur le prix mondial des denrées alimentaires de l'autre. Il y a quelque temps c'était le crédit immobilier le terrain de jeu, ça ne les intéresse plus, on sait pourquoi de l'autre côté de l'Atlantique.

J'en reviens au début de cet article. La boucle est bouclée.
Que faire ? Arrêter de voter pour ceux qui mettent ce système en place et le maintiennent en faisant mine de l'améliorer


*ETUDE D'AirPARIF
Évaluation des concentrations en pesticides dans l'air francilien : campagne exploratoire


Pour contrer la mainmise sur le vivant, source de profit, aux dépens des paysans !
POUR UNE POLITIQUE AGRICOLE AU SERVICE DE L'INTERET GENERAL de Laurent Levard (PG)

Le Monde Diplomatique : Pour un modèle agricole dans les pays du Sud de Jacques Berthelot


Isabelle Saporta auteure de « Le livre noir de l’agriculture » éditions Fayard

Pierre Priolet, ancien arboriculteur, a lancé l'opération « consommer-juste.fr » il est l'auteur de «Les Fruits de la colère » aux éditions Robert Laffont 

Sources 2007
http://www.lefigaro.fr/sciences/20070628.FIG000000081_l_air_de_paris_pollue_par_les_pesticides.html


http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/servicepublic/archives.php

http://www.naturavox.fr/climat/L-air-de-Paris

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