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vendredi 11 février 2011

Le Sarko-horror-show et son thème pour 2012 : "l'Humain au cœur de notre projet"

Comme il est navrant cet exercice de communication, que dis-je, de cirque politique de bas étage qui consiste à rapprocher bien artificiellement un Président, préoccupé de dossiers, de protocoles, avec un panel de citoyens divers et pas si variés qui ne lui posent pas ou très peu de vraies questions. La France qui se lève tôt pour pointer à Pôle emploi, avec son médecin et son agriculteur, son ouvrier, il l'avait devant lui, attablée comme au bistrot.

Comme dans un bon thriller, ça a commencé très fort : Rendez-vous compte, on découpe une jeune fille en morceaux ... et le chapelet des faits divers. La petite boutique des horreurs affichait les soldes. Pour les inaugurer, un aveu "humain" (on y reviendra) du Président : Il est choqué. Nous aussi. On atteint des bas-fonds historiques.

Sauf que nous Français d'en bas, nous le regarderions comme un modèle peut-être s'il incarnait la fonction qui doit l'élever au-dessus des passions humaines particulières, car après tout, c'est le Premier Magistrat de France (n'est-ce pas ?) et nous savons qu'il a le Bouton-Rouge sous les doigts. Mais il ne s'habille chez le même tailleur qu'un De Gaulle ou un Mitterrand, peut-on le lui reprocher ? Oui.
Donc, on manie du registre émotionnel pour mieux marquer sa proximité. Attention, faudrait pas l'énerver. Le Président de la République promet que s'il y a faute il y aura sanction. Au même moment, avec ironie l'Histoire se passait ailleurs. Le honni Moubarak commençait son discours par un aveuglement qui a des allures de marque de fabrique chez les dictateurs : "Je punirai les responsables avec la plus grande sévérité"... Mais brisons-là ces velleités d'amalgame mal venues.

D'abord, je suis choqué, moi, par la remise en cause de la Justice des Mineurs. Que le sommet de l'Etat en vienne à défier ses juges* et mette en balance les adolescents des années 50 et ceux d'aujourd'hui, ça a quel sens ? Qui est responsable des jeunes, sinon la société des adultes ? C'est toujours pareil, on vient agiter, précariser, même insulter sur la dalle, aggraver les difficultés économiques, et après on envoie la police, et pour les enfants de surcroît. Nicolas Sarkozy : elle à vomir ta vision d'homme d'Etat. En as-tu seulement une ? En es tu seulement un ? Ce soir j'ai su que définitivement : Non.

Cette façon de faire accroire que les services de l'Etat -dont ta politique historiquement de droite affaiblit chaque jour les marges de manœuvre, c'est son but- pourraient rendre une copie parfaite est tellement facile et dangereuse. L'exigence ou le mythe de la perfection est une maladie mentale dont les fascismes se nourrissent, tapis au fond de ce piège classique.
C'est une posture non seulement socialement rétrograde, démagogique en puissance tu l'as prouvé tout au long de la soirée, mais pleinement régressive ; ça ! elle s'aligne bien sur la brève de comptoir du facho qui s'ignore. Choisis mieux tes amis, entre Brice et Christian de Nice... Car c'est sur le rapport à l'étranger que ta vision éclate au grand jour. On parle toujours des coupables, on ne s'intéresse pas aux victimes, était la chanson d 'hier. Celle d'aujourd'hui c'est : On se préoccupe plus de l'identité de ceux qui arrivent et pas assez de ceux qui accueillent. C'est d'ailleurs les mêmes, n'est-ce pas Mme Le Pen, les coupables, ceux qui arrivent, les victimes ceux qui accueillent. C'est simple et ça dédouane les choix politiques qui sont responsables de la faillite des gouvernements Européens. L'extrême-droite n'aurait pas dit mieux. Bravo. Tu ne fais pas de la politique de gouvernement, tu fais de la politicaillerie électorale. Silvio Berlusconi ton ami, est ton maître.

Peu de vraies questions au cours d'une soirée longuette, hélas, peut-être par intimidation, ou déférence face à quelqu'un qui parade en parlant des grands de ce monde qu'il a rencontrés la veille. J'en ai retenu une qui a été éludée de la manière la moins glorieuse qui soit. La qualité alimentaire, l'inflation des denrées alimentaires de base, l'avenir de nos campagnes. Elle émanait de ce paysan moderne du Pas-de-Calais qui fait du bio. Un type cultivé qui ne se paye pas de mots. Souviens-t'en. Il n'a pas été rassuré par ta réponse ou plutôt ta réduction des problèmes agro-alimentaires à la traçababilité ; comme n'a pas semblé rassurée la pharmacienne sur la question de la difficile insertion des jeunes au milieu des getthos de banlieue, ni l'étudiant sur la question de la privatisation de l'université, mais lui, son espoir est déjà ailleurs ; ni l'ouvrier de St Nazaire lorsque, quasi menaçant tu déclaras que nous devions continuer à "tailler des croupières à Boeing" jetant donc des employés américains au chômage, nous jetant, nous, un peu plus encore dans la guerre économique généralisée (un conseil, vends d'abord les Rafales de M. Dassault avant de nous les faire racheter et parler d'Airbus). Tout comme n'était pas franchement rassurée l'enseignante d'entendre qu'on enverrait les enfants difficiles en section spécialisées et laisser les profs travailler plus sereinement ; ni la cheffe d'entreprise Bretonne qui demande un regard moins hostile et surtout "moins de normes" ; ni la mère célibataire à qui tu annonces qu'il y aura 500 000 000 d'Euros alloués à la formation : pris sur les budgets des autres Ministères, quelle sortie !

Quel avenir alors ? Mais tu l'as dit : "Avec des crédits d'impôts vous allez pouvoir investir". Oui, nous allons pouvoir transformer notre Livret A en actions chez lexomil... secteur d'avenir avec des élus  affairistes prêts à tout, surtout servir leurs propres intérêts privés ou familiaux au passage.
Les profits du CAC 40 détenus à 43% par seulement 98 personnes explosent, mais toi, tu nous a expliqué que ...si les charges (les cotisations sociales, en français correct) écrasent les entreprises, comment-voulez-vous que les salaires augmentent ?

De ton côté, le terrain est préparé pour 2012 car tu as trahi son thème de campagne qui masquera la réalité de ton obsession permanente : ne rien laisser à moudre au FN. Nous non plus. Avant d'arriver à 2012, il faudra passer 2011. Pour mieux nous faire avaler la réalité anxiogène des politiques que tu mènes de concert avec les droites européennes, tu sors cette pilule anxiolytique à maintes reprises : peut-être cinq ou dix fois as-tu martelé les mots Humain, Humanisme, Humanité.

Et ton humanisme, tu l'as bien résumé : "Si on ne vit pas de son travail, on ne vit pas dignement... hein ?". Sommes- nous si dupes que nous t'ayons élu ?

*
Il ne faut pas exploiter les faits divers, mais la lettre à ses parents d'un Magistrat n'est pas ordinaire

mercredi 17 novembre 2010

Sarkozy et sa nouvelle étape d'impuissance

Le chef de l'Etat a parlé pour ne rien dire, et la loi de pillage des retraites est promulguée. "Je me moque de vous deux fois".


Cette loi est donc jusqu'à sa révocation par un futur gouvernement est passée sur le dos de 73% de français qui n'y étaient pas favorables, à l'issue du plus fort mouvement social depuis 40 ans ! Quel homme ce Sarko ! S'il avait voulu nous montrer qu'il est sévèrement burné, il ne s'y serait pas pris autrement.

Je dirai pour ma part sévèrement culotté et même un peu honteux.
Dans toute cette affaire menée agressivement par l'ancien gouvernement Fillon II ce ne fut que mensonges, désinformation, culpabilité même, et aujourd'hui c'est une loi qui vient d'être promulguée durant la nuit à la sauvette, comme les voleurs. En 2023, ce sera donc un progrès : 67 ans.
Le chef de l'Etat s'en est encore expliqué hier : nous ne pouvons pas faire autrement. Lourd de significations. Il ne "peut" pas. Ce gouvernement n'est pas libre ! Il est "obligé de".

Il ne dirige pas, il exécute (les basses-oeuvres de l'OMC et de la Commission de Bruxelles), et je ne crains pas de procès, puisque c'est lui qui le dit...

Alors pour s'en expliquer, le Chef de l'Etat nous re-servit le même plat ultra-réchauffé. Depuis le début des semblants de négociation on a volontairement confond moment et période. Le discours uniforme, repris à l'envi par les médias et les portes-parole du gouvernement, a confondu Devoir et Pouvoir, comme vient de le faire le Président.
On doit travailler plus longtemps ? Si seulement on pouvait travailler tout court...

Nous serions "aux abois" selon lui. Submergé par "les vieux". Au passage, ceux qui les ont élu à plus de 75% (les plus de 65 ans) ne seront pas concernés par cette réforme. 

En Bolivie, pays jeune, l'âge de départ à la retraite vient de passer de 65 à 58 ans, et la Bolivie n'est pas plus riche que la France tout de même. Non, iIs font des choix économiques ajusté sur un projet social. Ici nous faisons des choix sociaux ajustés sur les diktats de Bruxelles. C'est une histoire belge pas drôle.

Le Président Français lui, nous dit en substance: "je ne fais pas de choix, je suis contraint" Il nous dit son impuissance à faire de la politique, au lieu de dévoiler clairement ses véritables intentions droitières. En effet, il applique un politique logique pour un homme de droite, il ultra-libéralise la France, mais il s'en défend. Etrange pour un homme qui a intégré une chose qui n'est pas irrémédiable : "nous sommes pris dans une compétition mondiale". Alors pourquoi avoir honte d'être de droite ?

On confond donc à dessein Devoir et Pouvoir à tous les niveaux.

Puisque Mme Lagarde nous promet sans cesse 2,5 % de croissance, pourquoi diable ne pourrions nous pas travailler moins longtemps ?

En vérité, nous pourrions travailler moins longtemps s'il ne s'agissait d'ouvrir à toute force le marché lucratif de la Vieillesse à des investisseurs en assurance-vie, des rapaces dont le système entier garantit leurs formidables rentes, mais qui exposeront les Etats et leur argent frais au premier krach boursier, à la première faillite du système ! Nous re-paierons alors... encore et encore.

Nicolas Sarkozy nous dit hier dans son numéro de clown insensé qu'il est un homme d'écoute. Ce qui vient  de se passer dans la rue démontre le contraire. On prêterait d'autres qualités à un sourd qui indique lui-même qu'il est impotent.

mercredi 28 avril 2010

On veut polluer plus pour gagner plus !

Avez-vous entendu la propagande délivrée ce mardi noir pour l'air de Paris, où nous avons supporté le défilé de 1500 exploitants agricoles céréaliers ? "Les Parisiens les soutiennent" nous a-t-on répété. Je dirais avec plus de nuance : "mon cul". 

D'abord les anecdotes : comment sont-ils venus ? en tracteur. Bravo ! Et merci pour les tonnes de CO2 et de dioxyde de Soufre, sans compter les particules fines dues à la combustion du gasoil que ces altruistes nés nous ont donné en guise de bol d'air. 

Les routiers avait montré leurs muscles ? Les amoureux de la nature ont suivi l'exemple ; mais Dominique Bussereau n'étant pas Georges Sarre, il n' a pas eu les couilles d'envoyer les chars les arrêter aux portes de Paris. Les pouvoirs publics avaient livré l'entier Paris aux gais laboureurs. 

Ces grand écolos devant l'éternel veulent faire baisser les normes environnementales, puisque la crise affecte leurs revenus, à ces crève-la-faim. Entendez : On veut polluer plus pour gagner plus ! D'ailleurs à voir la puissance colossale de la plupart des tracteurs présents sur le pavé de Paris, on pouvait se dire qu'entre ces gars-là et l'agriculteur de la Lubelskie, il y a la distance de la terre à la lune ! Des beaux tracteurs tout neufs, on aurait dit des fusées ! Voyons voir :




On voit sur ce graphique l'évolution des revenus des gros exploitants qui étaient dans la rue à Paris aujourd'hui et qui sont soi-disant "fauchés comme les blés": 


La Commission des comptes de l'agriculture de la nation a relevé fin 2009 que les revenus de l'ensemble des exploitations de grandes cultures excédaient de près de 50 % le niveau de revenu de la moyenne des exploitations professionnelles" françaises. En clair, leur situation est plus enviable que celle de beaucoup d'agriculteurs en France. Ce sont les producteurs de lait qui sont les plus à plaindre.


"Les manifestants, producteurs de céréales et de graines oléoprotéagineuses en grandes cultures, qui n'ont donc pas les contraintes de l'élevage, ont été jusqu'à présent les plus favorisés parmi les agriculteurs, car bénéficiant d'aides publiques européennes en complément de prix de vente relativement rémunérateurs." nous dit Michel Sorin sur son blog. On y apprend au passage que "les aides publiques représentent 93% du revenu net des agriculteurs" et que ces céréaliers captent à eux seuls 90% de l'aide publique de la PAC. C'est nous qui les payons pour qu'ils nous pourrissent la terre à coups de phyto-sanitaires.


S'ils ne sont pas contents de leur sort, les céréaliers n'auront qu'à faire intermittents-du-spectacle, ça ne les changera pas tellement de statut d'assistés. Je ne suis pas sûr de les voir rouler si grand carrosse, et ils verront comme c'était mieux avant !


Si les céréaliers sont dans la rue, c'est donc surtout parce qu'ils veulent toujours plus de revenus au détriment de toujours plus d'agriculteurs autonomes africains par exemple.


Ils ont fortement désapprouvé la redistribution d'aides européennes vers les éleveurs et producteurs en zones défavorisées (voir l'article - La réorientation des aides publiques aux agriculteurs est un bon début - sur le blog du MRC 53 le 17 avril 2009).


On a dans Paris aujourd'hui des embourgeoisés égoïstes (il n'y a qu'à voir les beaux tracteurs...) qui votent Sarko le moment venu, et qui dépensent des tonnes de CO2 pour faire 400 km en tracteur. Une fois arrêtés place Léon Blum, ils n'ont même pas la politesse d'éteindre leur MOTEUR ! ils nous gazent après avoir empoisonné les céréales chimiques qu'ils produisent ! on veut respirer, les cul-terreux !!! le Gasoil vous est donné ? Ils pouvaient pas venir à pied ? Pauv' cons ! 


C'est l'ensemble des filières agricoles qui est en crise, victime de la libéralisation chère aux institutions européennes et à l'OMC. Il y a nécessité de trouver des solutions au niveau européen de nouvelles régulations et de nouvelles orientations pour une politique qui doit être alimentaire et agricole, en respectant l'environnement. 


Au bout de la chaîne vous avez une agricultrice qui vient de se convertir au Bio, Myriam Boyer, qui a compris le piège de ce système Crédits-PAC-Engrais-Pesticides-Dettes-Marché, qui utilise Facebook pour faire connaître sa nouvelle orientation et demande à l'aide elle aussi. 
J'ai beaucoup plus de respect pour ceux-là qui essaient de sauver dignement leur famille, que pour les empoisonneurs engraissés poujadistes venus assurer Sarkozy de leur vote à la prochaine présidentielle.

jeudi 11 mars 2010

Au plus près des Citoyens

Hier la campagne du Front de Gauche a découvert un joli bistrot pas mal placé sur les hauteurs du XX° arrondissement de Paris, La Mer à boire, rue des envierges . Allez-y, c'est sympa.


* de g à d. Elodie Vieille-Blanchard, les Alternatifs, Véronique Lamy PCOF, Sophie de la Rouchefoucauld comédienne féministe et Danielle Simonnet élue du XX° arr de Paris Secrétaire Nationale du P.G.


Rares sont ceux à ne pas se demander où va, de ce pas décidé et apocalyptique, notre monde. Au cours de la décennie qui vent de passer, des lieux émergent qui ont le mérite de poser des questions et d’en débattre. Ces cafés immergés au coeur des quartiers populaires constituent alors des lieux souples, conviviaux, vivants, permettant la rencontre, pouvant être complémentaires d’actions de formation classique. Ils participent, de fait, au renforcement du tissu social et de la proximité démocratique qui manquent tat ete tant en ces temps de marketing et de diversion télévisuelle du véritable objet de la politique.

Ce besoin de démocratie s'est encore exprimé là encore, et je revois un militant du P.S, plus tout jeune, qui a posé de façon faussement candide la question : "Pourquoi n'avons nous pas reçu nos listes électrorales par courrier, on est déjà le 10 mars, à J-3".

La réponse était contenue dans la question. Evidemment, tout est organisé au cours de cette campagne vous l'aurez remarqué, pour que l'on ne parle pas des questions de fond.

Voyons l'actualité des ces quatre dernières semaines. Affaire Frêche, Affaire Ali soumaré, Affaire de l'affiche du drapeau algérien et du voile, et aujourd'hui affaire Longuet... Une par semaine !

Toutes concernant le P.S et l'UMP, comme c'est étrange, alliés comme larrons en foire lorsqu'il s'agit de faire diversion, favoriser le dégoût de la classe politique et donc l'abstention, et éternellement préoccuppés de maintenir au chaud les places d'élus aux même éléphants qu'hier.

Nous sommes décidément bien malmenés (et mal menés !) vous et moi dans la démocratie que devrait être la France, par des intérêts divers ; financiers bien sûrs mais aussi générationnels.

La France de 68, vieillissante, s'accroche au pouvoir qu'elle n'aura bientôt plus, sclérose le pays, sur le même modèle la gauche a croulé en Italie (les Demo-Cristiani (Modem  en France) et en Allemagne, le S.P.D) à cause de l'alliance au centre-droit.

Dans cette veine, le dossier du journal Le Monde présentait les listes en Ile-de-France :

PS 
UMP
Génération Ecologie
Modem
Besancenot

Ne cherchez pas, il en manque un. 

Pourquoi ? un oubli ? un acte manqué ? Non.
Le Front de Gauche est crédité de 8 à 12 % dans les sondages des régions et ça commence à sentir le roussi pour eux.

Hop ! les medias prestidigitateurs nous font disparaître.
Les voleurs sont aux manettes.
Ils comptent sur le découragement du peuple. Les salopards.
Je suis bien décidé à ne pas les laisser faire.

La manipulation de l'information aura été la grande marque des années Sarkozy.