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lundi 14 février 2011

Le jeu des Le Pen au grand jour


La médiacratie dans toute sa splendeur. Le débat Mélenchon/Le Pen à 08 h 30 du matin. Pareil horaire empêcha que le plus grand nombre voie l'émission en direct, mais n'empêchera pas les médias -une fois de plus- de penser à votre place et de préparer les avancées droitières du programme de Sarkozy, l'air de rien. Marine Le Pen en avançant sur les terres de la Gauche ne signe-t-elle pas sa défaite intellectuelle ?
Avant d'évoquer l'émission de BFM-TV, permettez-moi de faire d'abord une révélation. Adolescent dans les années 80, j'avais été absolument ébloui par les tribunes de M. Le Pen, avant de comprendre au fur et à mesure que ma compréhension du monde murissait que j'avais été, précisément, ébloui. Je sais donc à quel point le Front National est un illusionniste, une créature de la télévision, une boursouflure qui naît dans l'ignorance des gens et profite de leur innocence. Attention, cela fait des dégâts réels dans les mairies où le F.N a sévi par la suite. Le manque de culture civique et politique que tout bon citoyen français devrait posséder avant de voter me manquait. J'ai donc mis ma pauvre cervelle en marche et mon simple bon sens.
Vingt-cinq ans après, le 14 février 2011 de retour devant ma télévision, les médias et le pouvoir en place marionettisent, caricaturent cette fois Mélenchon, et mettent en lumière les ultra-libéraux les plus régressifs dont la France ait accouchés : les Le Pen. En 2002 déjà, TF1 et consorts avaient agité les deux épouvantails de l'extrême-gauche et de l'extrême-droite, croyant mieux légitimer le centre au pouvoir, et ça n'avait pas marché, on a eu l'extrême-droite. Courage.
Jean-Luc Mélenchon a vertement répondu très rationnellement en restant courtois, patient à l'extrême d'écouter la caricature du social-traître que Mme Le Pen s'est amusée à faire de lui. Ses propositions gênent évidemment tout le gottha bien crémeux de ceux qui s'enrichissent, en accomplissant le rêve bourgeois séculaire de gagner de l'argent en ne rien faisant.
J'ai donc vu en face de lui une extra-terrestre déguisée en fille-à-papa, Madame Le Pen, parler à « front renversé » (expression intéressante de J-J Bourdin !) du cours de l'évolution politique récente. Elle expliqua, sans s'arracher aucun cheveu, que Jean-Luc Mélenchon serait «  l'agent du système  » et le « faux-ami de ceux qu'il prétend défendre » (sic). Je fus pris de douleurs intercostales tellement c'était drôle. Le Mélenchon qui préconise un revenu maximum, qui pense que l'outil monétaire doit être re-connecté à la souveraineté populaire et au contrôle des parlementaires, celui qui avec J. Généreux érigera en principe de définanciariser les comptes publics*, des agents cachés du MEDEF ?
Cela n'aura peut-être que peu d'importance pour vous mais je peux affirmer que lorsqu'on voit vivre Jean-Luc Mélenchon dans son entourage, que l'on constate l'indignation qui le saisit quelquefois, qu'on voit sa pugnacité, la sincérité que dégage son action quotidienne et la qualité du contact qu'il a avec toute personne, du plus humble comme moi au notable, l'imaginer en social-traître relève de la science-fiction. Il aura des défauts, mas pas celui-là. 
Donc, le voilà accusé, Jean-Luc Mélenchon, d'avoir une vision « libérale » de la monnaie ? Libérale oui, au sens historique, et pas totalitaire. Là, on était déjà au degré zéro de la compréhension d'une économie socialiste. C'est ça l'intelligence de Mme Le Pen ? Elle n'a donc rien d'autre à dire pour sa défense ? On l'espérait plus fine.
Au cours de l'émission on ne fut pas plus surpris. Du marketing électoral sur l'immigration**. Et ça n'a pas changé depuis vingt-cinq ans. Du facho retoqué par une grande bourge acoquinée chez les bad-boys. Le long de cette petite heure comme depuis quelques années déjà, elle vint sur les thèmes propres aux mouvements ouvriers d'avant Jaurès ! Elle voudrait nous plonger dans la violence du XIX° siècle où, en effet les ouvriers cassaient du Rital, du Polak, parce qu'un Code du travail n'encadrait pas les salaires de ces pauvres gens qui venaient leur faire une concurrence déloyale, malgré eux. Relire Germinal ! Combien d'Italiens ont été assassinés à Marseille il y a un siècle à cause de ça ? On en est toujours là, au XXIème siècle, à cause d'une droite européenne qui s'acharne à détricoter le Code de travail. C'est pour ces raisons que le Parti de Gauche exige la régularisation de ces travailleurs pauvres. Non pas pour faire « entrer toute la misère du monde » comme dit Le Pen citant Rocard (encore !) mais pour contraindre le patronat à considérer ces travailleurs comme égaux aux autres en droits, en devoirs et en traitement. Tous ces gens ayant fui leur campagne, poussés soit par des dictatures, des guerres ou pire, par la concurrence déloyale que nos produits agricoles industriels et subventionnés par la PAC exerce sur leur production locale, viennent faire nos ménages, nos poubelles et face à des entreprises peu scrupuleuses, acceptent le travail qu'on leur donne. Ils ont des papiers d'identité, tout, mais ils attendent « Le » papier (CERFA) qui ne vient pas. Voilà ! Pratiques, corvéables à merci, utiles au patronat qui dégage des marges bénéficiaires sur leur dos et sur le nôtre, ces esclaves modernes indisposent la grande fille-à-papa. Et elle a raison, c'est écœurant ; sauf que le Front National, en vrai porte-parole de la droite du MEDEF, voudrait continuer de s'en prendre à eux en les privant de l'aide médicale. Humanisme ? Hypocrisie. Son père était borgne, elle est myope.
Le Front National n'a rien de laïque. A regarder se crisper Madame Marine, on vit bien le jeu des Le Pen au grand jour. Il est historiquement égal à lui-même lorsqu'il s'engage dans une offensive contre « l'Islam en France ». Les Conseillers régionaux du F.N votent partout des subventions prises sur argent publicaux lycées privés. Facultatives, allant au-delà de ce que préconise la loi, Ces élus anti-laïcs aggravent les inégalités sociales devant l'éducation en donnant plus à ceux qui ont déjà les moyens de placer leur gosse à l'abri de « la djihad islamique » qui hantent les cauchemars de la fille-à-papa. Laïcité du F.N ? Prosélytisme catholique caché, Opus Dei rampant, guerre de civilisations régressive. Admirateurs de G.W Bush et Samuel Huntington, bonjour.
Ouvriériste en parole, elle nous fait croire à un avenir pour les gens simples qui, en retour la croient de bonne foi. Mais en venant sans cesse sur les thèmes historiques de la Gauche, se rend-elle compte qu'elle prend acte de sa défaite intellectuelle ? Si j'étais un militant de sa mouvance, je serais furieux. Elle ne parviendra pas à faire la synthèse entre un ouvriérisme régressif doublé d'un pareil catholicisme aussi rabougri (et pas universel justement) et le Monde du travail (divers, solidaire, universaliste). Sa vision est phobique, exclusive, le bouclier fiscal à 20 % a disparu ! Elle propose de « nationaliser » des banques (!) mais seulement dans le cadre de «  sanctions  ». Antiennes de l'extrême-droite, ne gouverner qu'avec la trique, ça lui va bien à la belle blonde aux lèvres pincées qui serre les dents quand elle parle des étrangers.
Le Parti de Gauche (-comment-gouverner-face-aux-banques-) propose de re-faire des Banques des instruments publics, au service de l'intérêt général, d'harmoniser l'ensemble de l'économie européenne, de financer publiquement et souverainement le Progrès Social tout comme l'accès à la Géothermie. Ce sont des projets d'avenir à long terme qui n'ont rien voir avec le XIX° siècle où vit Mme Le Pen, c'est de conquêtes sociales majeures qu'il s'agit au P.G.
Chez elle, tout n'est que mise-à-l'écart, hiérarchisation entre les humains, primat de la nature sur la culture. A titre humain, je la plains, et je nous plains. Car elle est obsessionnelle et paranoïaque ; et à force de visiter la Gauche sur ses terres, et même chanter l'Internationale, je vais finir par croire que c'est une révolutionnaire invertie. Un jour, fatalement, elle explosera en vol. Ce sera, c'est déjà, « Le Pen de Mort »

Emission TV



**Solde migratoire

Retrouvez le tableau statistique des recensements statistiques entre 1911 et 1999, où sont détaillés les nombres d'immigrés, étrangers et Français par acquisition au sein de la population totale. 

les blogs



vendredi 11 février 2011

Le Sarko-horror-show et son thème pour 2012 : "l'Humain au cœur de notre projet"

Comme il est navrant cet exercice de communication, que dis-je, de cirque politique de bas étage qui consiste à rapprocher bien artificiellement un Président, préoccupé de dossiers, de protocoles, avec un panel de citoyens divers et pas si variés qui ne lui posent pas ou très peu de vraies questions. La France qui se lève tôt pour pointer à Pôle emploi, avec son médecin et son agriculteur, son ouvrier, il l'avait devant lui, attablée comme au bistrot.

Comme dans un bon thriller, ça a commencé très fort : Rendez-vous compte, on découpe une jeune fille en morceaux ... et le chapelet des faits divers. La petite boutique des horreurs affichait les soldes. Pour les inaugurer, un aveu "humain" (on y reviendra) du Président : Il est choqué. Nous aussi. On atteint des bas-fonds historiques.

Sauf que nous Français d'en bas, nous le regarderions comme un modèle peut-être s'il incarnait la fonction qui doit l'élever au-dessus des passions humaines particulières, car après tout, c'est le Premier Magistrat de France (n'est-ce pas ?) et nous savons qu'il a le Bouton-Rouge sous les doigts. Mais il ne s'habille chez le même tailleur qu'un De Gaulle ou un Mitterrand, peut-on le lui reprocher ? Oui.
Donc, on manie du registre émotionnel pour mieux marquer sa proximité. Attention, faudrait pas l'énerver. Le Président de la République promet que s'il y a faute il y aura sanction. Au même moment, avec ironie l'Histoire se passait ailleurs. Le honni Moubarak commençait son discours par un aveuglement qui a des allures de marque de fabrique chez les dictateurs : "Je punirai les responsables avec la plus grande sévérité"... Mais brisons-là ces velleités d'amalgame mal venues.

D'abord, je suis choqué, moi, par la remise en cause de la Justice des Mineurs. Que le sommet de l'Etat en vienne à défier ses juges* et mette en balance les adolescents des années 50 et ceux d'aujourd'hui, ça a quel sens ? Qui est responsable des jeunes, sinon la société des adultes ? C'est toujours pareil, on vient agiter, précariser, même insulter sur la dalle, aggraver les difficultés économiques, et après on envoie la police, et pour les enfants de surcroît. Nicolas Sarkozy : elle à vomir ta vision d'homme d'Etat. En as-tu seulement une ? En es tu seulement un ? Ce soir j'ai su que définitivement : Non.

Cette façon de faire accroire que les services de l'Etat -dont ta politique historiquement de droite affaiblit chaque jour les marges de manœuvre, c'est son but- pourraient rendre une copie parfaite est tellement facile et dangereuse. L'exigence ou le mythe de la perfection est une maladie mentale dont les fascismes se nourrissent, tapis au fond de ce piège classique.
C'est une posture non seulement socialement rétrograde, démagogique en puissance tu l'as prouvé tout au long de la soirée, mais pleinement régressive ; ça ! elle s'aligne bien sur la brève de comptoir du facho qui s'ignore. Choisis mieux tes amis, entre Brice et Christian de Nice... Car c'est sur le rapport à l'étranger que ta vision éclate au grand jour. On parle toujours des coupables, on ne s'intéresse pas aux victimes, était la chanson d 'hier. Celle d'aujourd'hui c'est : On se préoccupe plus de l'identité de ceux qui arrivent et pas assez de ceux qui accueillent. C'est d'ailleurs les mêmes, n'est-ce pas Mme Le Pen, les coupables, ceux qui arrivent, les victimes ceux qui accueillent. C'est simple et ça dédouane les choix politiques qui sont responsables de la faillite des gouvernements Européens. L'extrême-droite n'aurait pas dit mieux. Bravo. Tu ne fais pas de la politique de gouvernement, tu fais de la politicaillerie électorale. Silvio Berlusconi ton ami, est ton maître.

Peu de vraies questions au cours d'une soirée longuette, hélas, peut-être par intimidation, ou déférence face à quelqu'un qui parade en parlant des grands de ce monde qu'il a rencontrés la veille. J'en ai retenu une qui a été éludée de la manière la moins glorieuse qui soit. La qualité alimentaire, l'inflation des denrées alimentaires de base, l'avenir de nos campagnes. Elle émanait de ce paysan moderne du Pas-de-Calais qui fait du bio. Un type cultivé qui ne se paye pas de mots. Souviens-t'en. Il n'a pas été rassuré par ta réponse ou plutôt ta réduction des problèmes agro-alimentaires à la traçababilité ; comme n'a pas semblé rassurée la pharmacienne sur la question de la difficile insertion des jeunes au milieu des getthos de banlieue, ni l'étudiant sur la question de la privatisation de l'université, mais lui, son espoir est déjà ailleurs ; ni l'ouvrier de St Nazaire lorsque, quasi menaçant tu déclaras que nous devions continuer à "tailler des croupières à Boeing" jetant donc des employés américains au chômage, nous jetant, nous, un peu plus encore dans la guerre économique généralisée (un conseil, vends d'abord les Rafales de M. Dassault avant de nous les faire racheter et parler d'Airbus). Tout comme n'était pas franchement rassurée l'enseignante d'entendre qu'on enverrait les enfants difficiles en section spécialisées et laisser les profs travailler plus sereinement ; ni la cheffe d'entreprise Bretonne qui demande un regard moins hostile et surtout "moins de normes" ; ni la mère célibataire à qui tu annonces qu'il y aura 500 000 000 d'Euros alloués à la formation : pris sur les budgets des autres Ministères, quelle sortie !

Quel avenir alors ? Mais tu l'as dit : "Avec des crédits d'impôts vous allez pouvoir investir". Oui, nous allons pouvoir transformer notre Livret A en actions chez lexomil... secteur d'avenir avec des élus  affairistes prêts à tout, surtout servir leurs propres intérêts privés ou familiaux au passage.
Les profits du CAC 40 détenus à 43% par seulement 98 personnes explosent, mais toi, tu nous a expliqué que ...si les charges (les cotisations sociales, en français correct) écrasent les entreprises, comment-voulez-vous que les salaires augmentent ?

De ton côté, le terrain est préparé pour 2012 car tu as trahi son thème de campagne qui masquera la réalité de ton obsession permanente : ne rien laisser à moudre au FN. Nous non plus. Avant d'arriver à 2012, il faudra passer 2011. Pour mieux nous faire avaler la réalité anxiogène des politiques que tu mènes de concert avec les droites européennes, tu sors cette pilule anxiolytique à maintes reprises : peut-être cinq ou dix fois as-tu martelé les mots Humain, Humanisme, Humanité.

Et ton humanisme, tu l'as bien résumé : "Si on ne vit pas de son travail, on ne vit pas dignement... hein ?". Sommes- nous si dupes que nous t'ayons élu ?

*
Il ne faut pas exploiter les faits divers, mais la lettre à ses parents d'un Magistrat n'est pas ordinaire

vendredi 28 janvier 2011

Jalousie de métier chez A.Montebourg



Arnaud Montebourg à Montpellier
envoyé par masterjournalisme08. - L'actualité du moment en vidéo.


Là il m'a déçu, Arnaud. 
Quelle mauvaise foi, il n'a jamais lu une ligne des propositions du Parti de Gauche, ça lui ferait top mal. 


Mais j'ai choisi de poster cette vidéo sans intérêt apparent pour ça : Si l'on écoute bien (et qu'on le relie avec les propos de Cambadélis dans Libération du 26 janvier 2011) le mot d'ordre donné transparaît :

"Mélenchon, c'est les propositions archaïques, les années 30". 


Prouvez-le !... alors ? Il est où le menteur qui va parler ?


Voilà donc les éléments de langage qu'on leur a donné  à ces perroquets professionnels. Au P.s on déploie plus d'énergie pour attaquer un homme de gauche radical plutôt qu'une Marine Le Pen, à ce que je vois !


Où est la contestation ? Refondation républicaine, Partage des richesses, Sortir de l'inféodation des Traités européens comme celui actuel de Lisbonne, Panification écologique. Où est l'archaïsme ???  
Je ne vois qu'avant-gardisme à la limite, ou simplement pragmatisme.


Le Parti de gauche propose 29 « mesures d'urgence » pour faire face à la crise économique. Combattre les licenciements et les délocalisations, de faire reculer la précarité du travail et la précarité sociale, d'augmenter le pouvoir d'achat et de modifier le partage des richesses, de développer l'emploi et d'amorcer un alter-développement, d'instaurer une maîtrise publique du système financier afin de contrer la spéculation et maîtriser le développement industriel et économique.


Et puis Arnaud Montebourg est insultant pour des gens qui entourent Jean-Luc Mélenchon comme le célèbre économiste Jacques Généreux dont personne ne croit qu'il puisse proposer des options économiques des années 30, ou Michel Naudy, fondateur de Politis, grand archaïque devant l'éternel !!! . Au P.G on trouve aussi Henri Pena-Ruiz*, dont a du mal à croire qu'il ne soit pas en phase avec les problèmes aigus de laïcité qui se posent à nous aujourd'hui et demain.


Alors que ceux qui ont lu Mélenchon comprennent bien que sa vision met à jour la synthèse de Jaurès avec les problématiques institutionnelles environnementales. Ce que le PS n'a jamais eu la cohérence de faire. Même Montebourg, qui a dû la mettre en veilleuse, sa grande gueule. Comme Mélenchon quand il était au PS !


Pauvre communication politique réduite à dénigrer la démocratie. Hommes et femmes de gauche, soyez dignes de vous-mêmes !


*Lire son article sur la "laïcité" selon les Le Pen http://www.lepartidegauche.fr/editos/arguments/3400-la-conversion-republicaine-et-laique-du-front-national-nest-quun-leurre

mardi 25 janvier 2011

Privilégiés vous disiez ?


Je tombe sur une étude réalisée en 2004, et passée sous silence concernant la précarité dans les métiers de la culture. 
Plus précisément des sociologues missionnés par Le Ministère de la Culture ont interrogé un échantillon de 643 comédiens  exclusivement issus des Ecoles Nationales Supérieures d’Art Dramatique, titulaires du DNSPC (niveau II, Master).


Ils sont 55% à déclarer moins de 1250 €/mois






Et ceux-là sont bien lotis !
  • car ils sont 23% à déclarer moins de 625 €/mois (!) autant dire les minimas sociaux pour ces travailleurs intellectuels de haut niveau qui remettent leur métier tous les jours sur la table


  • Le salaire médian français est atteint pour seulement 22 % d’entre eux (2000 €/mois).


  • 2,5 % n’a aucun revenu...


  • 3 % seulement déclarent plus de 3125 €/mois, un salaire de cadre moyen.


Sont pris en compte les revenus des prestations d’assurance chômage. Ces chiffres ajoutent la pauvreté des revenus artistiques à la précarité que je décris dans mon pamhlet (à paraître*) sur le gâchis monumental à l'œuvre dans le monde du spectacle. 
Ces chiffres sont bas, et pourtant l’étude inclut les comédiens installés en Ile-de-France qui ont accès à des revenus supérieurs par la proximité de l’audio-visuel, pub, ciné, synchro. C’est dire si la moyenne des revenus est basse partout sur le territoire, épouvantablement basse.
Cette étude s’inscrit dans la suite des études précédentes où la faiblesse des revenus apparaît pour la majorité des comédiens. Mais celle-ci a la vertu d’indiquer les revenus des artistes issus de ces Ecoles supérieures agrées par l’Etat après 1994, et par la précision de l’échantillon sondé, montre que cette précarité touche aussi ceux dont on aurait pu croire qu’ils sont des privilégiés de la culture, une élite. Et bien voilà l'élite. 
Mon expérience menée auprès des chanteurs lyriques solistes** montrerait qu’ils subissent les mêmes difficultés, avec, pardonnez-moi amis acteurs, une préparation et une formation plus longue et encore plus exigeante, une fragilité intrinsèque à l’instrument, une concurrence européenne et même mondiale totale due aux langues indifféremment utilisées.
Sur le plan du niveau de vie, l’enquête montre que 81% d’entre eux sont locataires, que 52% ont un père en activité qui exerce une profession intellectuelle supérieure, dont la moitié ont une mère dans ce cas. Pour 60% d’entre eux leur maman est employée de profession intermédiaire. Cerise sur le gâteau, 49% déclarent occuper un emploi non-rémunéré dans le spectacle vivant. Voilà ce qui valait pour la France entière et pour le début du XXI° siècle.

Cela revient à dire que ces études là, si enthousiamantes soient-elles, sont couronnées par la perspective de gagner moins que le SMIC. De rester locataire, ne rien transmettre à ses enfants que sa précarité, et vivre au milieu des vagues, avec des hauts quelquefois, et des bas dont les creux ressemblent aux houles des avis de gros temps qui menacent de vous emporter sur le pont.

A quand un gouvernement qui en finisse avec la précarité dans les métiers de la culture ?
** Le Parlement des Artistes
* je cherche un éditeur, j'ai bien une piste mais si vous avez une, contactez-moi. merci.