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lundi 27 juin 2011

Vive les dictateurs fiables et dociles

Je ne peux que citer cette traduction que nous devons à Emcee d'un discours de Noam Chomsky sur les raisons de notre intervention (à nous Français embarqués) en Lybie

Discours de Chomsky sur la réaction des Etats-Unis aux révoltes populaires qui se sont propagées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord à l'occasion du 25ème anniversaire du groupe de surveillance des medias nationaux, "Fairness and Accuracy in Reporting" (FAIR).



(Voici les propos tenus par Noam Chomsky sur les enjeux dans le monde arabe à l'occasion de cet événement).


Noam Chomsky: Les Etats-Unis et ses alliés feront tout pour empêcher l'instauration d'une véritable démocratie dans le monde arabe. La raison en est très simple. Dans toute la région, une majorité écrasante de la population considère que les Etats-Unis sont la principale la menace contre leurs intérêts.
De fait, l'opposition à la politique U.S. est si forte que l'immense majorité d'entre eux pensent que la région serait plus en sécurité si l'Iran possédait l'arme nucléaire. En Egypte, le pays le plus important, ce taux est de 80 %. Et le pourcentage est pratiquement le même ailleurs.
Il y en a certains dans la région qui considèrent l'Iran comme une menace – ils sont environ 10 %. Eh bien, il est clair que les Etats-Unis et leurs alliés ne vont pas tolérer que s'installent des gouvernements qui se préoccupent de la volonté du peuple. Si cela devait se réaliser, non seulement les Etats-Unis ne contrôleraient plus la région, mais ils en seraient expulsés. Et donc, c'est de toute évidence un plan intolérable.
En ce qui concerne WikiLeaks, il y avait un point intéressant là-dessus. Les révélations de WikiLeaks qui ont été le plus médiatisées — gros titres, commentaires euphoriques, etc. — c'est que les Arabes soutiennent la politique US vis-à vis de l'Iran. Mais rien sur l'avis de la population arabe - il ne compte pas.

Si les dictateurs nous soutiennent et qu'ils contrôlent leurs populations, alors, où est le problème? C'est comme l'impérialisme. Où est le problème si ça marche?
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L'armée égyptienne veille


Tant qu'ils peuvent maîtriser les populations, tout va bien. Elles peuvent manifester leur haine, nos sympathiques dictateurs les garderont sous contrôle. Cela, c'est la réaction non pas seulement des services diplomatiques du Département d'état ou des médias qui en ont fait état, mais également du cercle intellectuel en général. Il n'y a aucun commentaire là-dessus. En fait, les médias aux Etats-Unis occultent complètement ces sondages (sur l'opinion des populations, NDT). On trouve ça un peu en Angleterre, mais très peu. Ce que pense la population, on s'en fiche, pourvu qu'elle soit contenue.
Eh bien, à partir de ces observations, on en déduit assez vite quelles politiques vont être menées. On peut pratiquement les énoncer.

Et donc, quand il s'agit d'un pays riche en pétrole, avec un dictateur fiable et docile, on le laisse faire ce qu'il veut. L'Arabie Saoudite est le pays plus important de cette catégorie. C'est le centre du fondamentalisme islamique le plus puissant, le plus extrémiste et le plus brutal, des missionnaires qui répandent un islamisme ultra-radical comme les jihadistes et pire encore. Mais ils sont dociles et fiables, ils peuvent faire ce qu'ils veulent.
Une manifestation était prévue en Arabie Saoudite. La présence policière était si importante et si dissuasive que pratiquement personne n'a eu envie de descendre dans les rues de Riyad. Mais là, il n'y avait rien à redire. Pareil au Kowait. Il y a eu une petite manifestation vite réprimée ; sans commentaire.

En fait, le cas le plus intéressant, c'est, à bien des égards, celui du Bahreïn. Le Bahreïn est important pour deux raisons. L'une, dont les médias ont parlé, c'est que c'est le port d'attache de la 5° Flotte, force militaire majeure dans la région. L'autre raison, plus fondamentale, c'est que le Bahreïn est à environ 70% à majorité chiite, et il est situé juste de l'autre côté de la chaussée du roi Fahd, pont qui le relie au sud-est de l'Arabie saoudite - qui est également à majorité chiite, et qui se trouve être la région riche en pétrole, tout autour de la partie septentrionale du Golfe. C'est-à-dire, qui englobe l'est de l'Arabie saoudite, le sud de l'Irak et le sud-ouest de l'Iran.

Et cela fait longtemps que les stratèges craignent qu'on se dirige vers une sorte d'alliance tacite dans ces régions à majorité chiite qui mènerait à l'indépendance et au contrôle de l'essentiel du pétrole mondial. Ce serait, de toute évidence, intolérable.

Et donc, pour en revenir à Bahreïn, il y a eu une révolte populaire, des tentes ont été installées sur la place centrale de la ville comme à Place Tahrir. Les forces militaires menées par l'Arabie saoudite ont envahi le Bahreïn, permettant aux forces de sécurité de Bahreïn de réprimer violemment cette révolte, de détruire les camps de tentes et même de détruire le monument central de la place de la Perle, symbole de Bahreïn; ils ont envahi le complexe hospitalier le plus important, expulsé les patients et les médecins; ils arrêtent régulièrement, tous les jours, des défenseurs des droits humains, les torturent, ils (les dictateurs, NDT) se font de temps en temps taper sur les doigts, mais rien de bien méchant. C'est comme le principe de Carothers. Si les actions correspondent à nos objectifs stratégiques et économiques, c'est bien. Nous pouvons avoir un discours noble; mais ce qui compte, ce sont les faits.
Eh bien, ceux-là, ce sont les dictateurs dociles des pays riches en pétrole.

Et l'Egypte, me direz-vous, pays très important, mais qui n'est pas un centre de production pétrolière majeur ? Eh bien, en Egypte et en Tunisie et dans d'autres pays du même genre, il y a un plan de match, utilisé régulièrement, si couramment qu'il faut être un génie virtuel pour ne pas le remarquer.
Et quand on a un dictateur privilégié – si vous songez à faire carrière dans le service diplomatique, autant que vous sachiez cela – … quand on a un dictateur privilégié et qu'il rencontre des problèmes, on le soutient le plus longtemps possible, soutien inconditionnel jusqu'au bout. Quand on arrive au point où il n'est plus du tout possible de le soutenir – par exemple, disons, si l'armée ou les milieux d'affaires se retournent contre lui – alors, il faut le faire partir, faire des déclarations fracassantes sur l’amour qu’on porte à la démocratie, puis, chercher à remettre en place l'ancien régime, avec de nouveaux noms, s’il faut. Et c'est ce qui se fait indéfiniment.
Ca ne marche pas toujours, mais on essaie toujours – Somoza au Nicaragua; le Shah en Iran; Marcos aux Philippines; Duvalier à Haïti; Chun en Corée du sud; Mobutu au Congo; Ceausescu fait partie des favoris occidentaux en Roumanie; Suharto en Indonésie. C'est la procédure habituelle. Et c'est exactement ce qui se passe en Egypte et en Tunisie.
Donc, d'accord, on les soutient jusqu'au bout — Moubarak en Egypte, jusqu'à la fin on l'a soutenu. Ca ne marche plus, on l'envoie à Charm el-Cheikh, on sort le discours, et on cherche à restaurer le régime. C'est, d'ailleurs, la raison du conflit actuel. Comme l'a dit Amy, on ne sait pas comment ça va tourner, mais c'est ce qui se passe.

Et puis, il y a une deuxième catégorie. Cette catégorie c'est celle du dictateur de pays pétrolier en qui on n'a pas confiance, l'électron libre. C'est le cas de la Libye. Et là, la stratégie est différente; il faut chercher à mettre en place un dictateur plus fiable. Et c'est exactement ce qui se passe actuellement.
Evidemment, il faut faire passer ça pour une intervention humanitaire. C'est un autre principe universel qu’on retrouve pratiquement dans toute l’histoire.
Pratiquement chaque fois qu'il y a eu recours à la force, quel qu'en ait été l'auteur, il était accompagné du discours le plus noble. 

Il s’agissait de raisons humanitaires. C'est Hitler qui envahit la Tchécoslovaquie, les fascistes japonais qui dévastent le nord-est de la Chine. C'est Mussolini en Ethiopie. Il n'y a pratiquement aucune exception. Et donc, vous présentez cela et les medias et les commentateurs font semblant de ne pas remarquer qu'il ne contient aucune information, parce que c'est automatique.

Et donc, mais dans ce cas précis (de la Libye, NDT), ils pourraient ajouter autre chose, qui a été maintes et maintes fois répété dans les médias, à savoir que les Etats-Unis et ses alliés sont intervenus pour répondre à la demande de la Ligue Arabe. Et, évidemment, il faut bien nous faire prendre conscience de l'importance de cette information. Soit dit en passant, la réaction de la Ligue Arabe était mitigée et ils se sont assez vite rétractés parce qu'ils n'étaient pas d'accord avec ce que nous faisions. Mais passons.

Au même moment, la Ligue Arabe émettait une autre requête. Voici le gros titre d'un journal: "la Ligue Arabe demande une zone d'exclusion aérienne pour Gaza". Il s'agit, en fait du Financial Times de Londres.

Aux Etats-Unis, on n'en a pas parlé. Ou, plutôt, pour être précis, le Washington Times en a parlé, mais en gros, l'information a été bloquée, comme les sondages sur l'opinion publique dans les pays arabes, pas le genre d'information à publier. Et donc, comme "la Ligue Arabe demande une zone d'exclusion aérienne pour Gaza" ne correspond pas à la politique des Etats-Unis, nous ne sommes pas obligés de diffuser cette information, et elle a donc été escamotée.

Maintenant, certains sondages sont publiés. En voici un qui a été publié dans le New York Times il y a deux ou trois jours. Je cite: "Ce sondage montre qu'une majorité d'Egyptiens veulent abroger le traité de paix signé en 1979 avec Israël, et qui a été la pierre angulaire de la politique étrangère de l'Egypte et de la stabilité dans la région".

En fait, ce n'est pas tout à fait exact. Il a été la pierre angulaire de l'instabilité dans la région, et c'est justement la raison pour laquelle la population en Egypte veut l'annuler. Cet accord écartait l'Egypte du conflit israélo-arabe. C'est-à-dire qu'il éliminait le seul moyen de dissuasion à l'action militaire d'Israël.
Et il a permis à Israël d'étendre ses opérations—illégales—dans les Territoires Occupés et d'attaquer son voisin du Nord, le Liban. Peu de temps après, Israël attaquait le Liban, tuant 20.000 personnes, détruisait le Sud-Liban, tentait d'imposer un régime client, mais n'y est pas tout à fait parvenu. Et ça a été compris. Et donc, la réaction immédiate au traité de paix, c'est qu'il y a des éléments que nous n'apprécions pas – il va nous falloir abandonner nos colonies dans le Sinaï, le Sinaï égyptien. Mais il y a un bon côté à ça, également, c’est que le seul moyen de dissuasion a disparu maintenant, nous pouvons donc utiliser la force pour réaliser nos autres objectifs. Et c'est exactement ce qui s'est produit. Et c'est exactement la raison pour laquelle la population égyptienne y est opposée. Ils comprennent cela, comme tout le monde dans la région.

D'un autre côté, le Times ne mentait pas quand il disait que cela avait conduit à la stabilité de la région.

La raison en est que le terme "stabilité" renferme un sens spécifique – un peu comme démocratie. La stabilité signifie «compatibilité avec nos intérêts ». Et donc, par exemple, quand l'Iran essaie d'étendre son influence en Afghanistan et en Irak, ses voisins, on appelle ça "déstabiliser". Cela fait partie de la menace que constitue l'Iran. Cela déstabilise la région.

En revanche, quand les Etats-Unis envahissent ces pays, les occupent et les détruisent en partie, c'est dans l’idée d’apporter la stabilité. Et cela, c'est très courant – au point qu'on peut écrire – comme l'a fait l'ancien rédacteur en chef de Foreign Affairs— que quand les Etats-Unis ont renversé le gouvernement démocratique chilien et instauré une dictature brutale, c'était parce qu'il fallait que les Etats-Unis déstabilisent le Chili pour apporter la stabilité.

Eh oui, vous renversez un gouvernement parlementaire, vous y installez une dictature, vous envahissez un pays, et vous tuez 20.000 personnes, vous envahissez l'Irak et vous tuez des centaines de milliers de personnes – tout ça, c’est pour apporter la stabilité. L'instabilité, c'est quand quelqu'un vient de mettre en travers de votre chemin.


©des bassines et du zèle
(NB: "FAIR", Fairness and Accuracy in Reporting, le groupe new-yorkais de surveillance des médias américains qui vient de célébrer ses 25 ans de publications d'analyses de la censure et du parti pris médiatique qui écarte les points de vue divergents sur les sujets d'intérêt public et sur les avis critiques des groupes politiques ou ethnoculturels).

mardi 14 juin 2011

Avis de printemps sur l'Italie

Décidément, tout a une fin, même pour ceux qui s'emparent du pouvoir à leur propre fin. Voici donc les prémisses peut-être d'un printemps italien.



Silvio Berlusconi, empêtré comme nous le sommes sur le théâtre d'opérations lybiennes, à la tête d'un pays dont la croissance sur dix ans est de 0%, faible d'un bilan économique où, à cause de ses réformes de droite ultra-libérale, son pays est grêvé d'une dette de l'Etat de 120% de son revenu national, se voit aujourd'hui infliger une dégelée comma jamais chef d' Etat européen s'en est vu infliger.

Après avoir essuyé une énorme râclée dans les plus grandes villes d'Italie aux dernières municipales, et notamment dans la sienne, Milan, qu'il dirigeait depuis 18 ans, Silvio Berlusconi n'a pas été plus chanceux lors du scrutin réferendaire qui portait sur quatre questions : Le tarif de l'eau, le nucléaire, l'impeachment, et les services publics.
De 94% à 96 % : Les Italiens ayant participé au referendum populaire on voté comme un seul homme (ou comme une seule femme) contre les propositions de privatisations de l'eau ou encore l'implantation de centrales nucléaires en Italie.

Le débat citoyen aura été un blitz-debat. Il y a 2 semaines, de nombreux Italiens ne savaient pas qu'une consultation était organisée lorsqu'ils ont reçu leurs quatre jolis petits cartons par la Poste. 4 textes de lois, à la lecture incompréhensible, en caractères minuscules, inaccessible aux personnes âgées ou handicapées, et deux cases : SI et NO.

N'y comprenant d'abord rien, à part de fins juristes, tout le monde a été tenté de voter NON.

Or, il fallait voter Oui pour s'opposer. Le petit Silviuccio avait bien fait les choses. 

(c'est comme si en France on nous demandait "êtes-vous Oui ou Non contre les mesures qui tendent à annuler les projets de loi à venir sur la prolongation de la vie des centrales nucléaires ?" gloups ! Mais on ne nous le demandera pas, car ce projet de Referendum populaire promis en France par M. Sarkozy en 2007 n'est toujours pas promulgué, n.b) 

Dans ce contexte de désinformation totale, qui réitère celle du TCE de 2005 ignoré des citoyens italiens, des forums populaires ont pris place en plein air, au théâtre. Des représentations ont été interrompues par des manifestations en faveur du SI (comprenez contre le projet de privatisation de l'eau, comme on le voit sur cette petite vidéo par exemple) et internet a joué son rôle d'accélérateur, comme sur le blog du Coluche italien, Beppe Grillo. Son nouveau mouvement politique "Le Mouvement des 5 étoiles" s'appuie sur un programme politique autour des cinq axes que représente son symbole : l'environnement, l'eau, le développement, la connectivité et les transports. Pour ce blog, parmi les 20 plus lus de la planète, le SI s'imposait quatre fois.

Les Italiens ont d'une part écouté de quelle façon allait voter Berlusconi pour faire l'exact inverse, c'est vrai, mais ils auront suivi Beppe Grillo et le Juge Di Pietro. Ils ont voté SI entre 94 et 96% selon les questions : ce n'est plus un referendum, c'est un plébiscite contre des projets d'inspiration néo-libérales de droite. 

Rappelons que suite à un mouvement écologiste quia traversé les années 1970, l'Italie n'a pas de Centrales nucléaires. Elle achète son électricité à la France. C'est donc d'indépendance énergétique qu'il serait question. En Italie, des centrales thermiques au gazole fonctionnent à chaque fois qu'on allume une télévision, ou une ampoule électrique, ce sont donc des tonnes de CO2 que l'italien produit en s'éclairant, en faisant tourner hôpitaux et lumières de la ville.


Il est vrai que de l'autre côté des montagnes l'Italien paie son électricité au prix fort ; et il n'est pas rare de voir un de nos cousins devancer subitement Ushain Bolt sur 100 mètres. C'est en général pour éteindre une lumière. (ou pour fuir le fisc, hi-han)


La situation sismique de l'Italie presque aussi forte que celle du Japon aura valu cette prudence italienne. Leurs tremblements de terre sont déjà assez catastrophiques comme ça (Gibellina en Sicile en 1968, Irpinia en 1980, Assise en 1997, L'Acquila en 2008), ils n'ont peut-être pas envie d'avoir un second fléau à supporter.

Il est d 'autant plus remarquable que malgré ce prix élevé, le cousin italien ne veuille pas en payer un plus fort à l'avenir : une catastrophe type Three Miles Island, Tchernobyl ou Fukushima, sur une langue de terre de 150 km de long d'où il ne pourrait échapper à la radio-activité. L'Italien est un peu fou, certes, mais pas taré.

Les tenants pro-nucléaire, (du NO, vous suivez ?) développaient pourtant l'argument que l'Italie aurait besoin à terme de beaucoup plus d'énergie, que 10 centrales suffiraient à en couvrir ses besoins et que, joignant l'utile au normatif, cela lui permettrait de respecter le protocole de Kyoto, ce qu'elle ne fait pas pour l'instant (et pour cause !)

Les medias français insistent beaucoup sur le fait qu'il s'agit d'un désaveu pour la personne de Berlusconi. Attention, mes confrères asinesques, ne nous laissons pas attirer par cette pitance, cette carotte est là pour nous endormir. 

Certes son actualité n'est pas plus reluisante que sa sexualité. Le pauvre est accablé par des Juges de gauche, dit-il, et une audience avait encore lieu lundi 13 juin dernier alors qu'il recevait M. Benjamin Nethanyaou.  Mais je crois plutôt, grâce au peu de matière grise qu'il y a entre mes deux longues très longues oreilles, que le citoyen Italien a compris qu'on voulait lui faire payer son eau plus cher, qu'on voulait investir dans des centrales toujours dangereuses à un très haut niveau d'endettement, et que celles-ci allaient à terme passer -comme les services publics et l'eau- dans le domaine de la gestion privée, tout comme dans un certain autre pays sismique, nommé Japon. Berlusconi doit plus à la gestion par la Tepco de la catastrophe de Fukushima son ultime revers, plutôt qu'aux procès en cours pour prostitution de mineures et autres scandales financiers.


Et c'est un âne qui vous parle.


P.S : Pour les italophones, écoutez l'intervention hilarante de Roberto Benigni qui, en période de silence obligé, se faisait comprendre, devant Umberto Eco, par métaphores interposées, de la nécessité de voter SI ...

dimanche 15 mai 2011

Une cambrure à faire damner un saint-patron du FMI






Lorsque j'ai entendu la nouvelle de l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn à huit heures ce matin sur France-Inter, je n'ai pas été très étonné que ce soit pour une affaire de mœurs. Le pouvoir rend fou et pour certains d'entre nous, hommes de pouvoir et d'un certain âge, fou d'amour* Mais est-ce réellement de mœurs qu'il s'agit ou plutôt d'un montage politico-sexuel sur fond de délit ?

Les figures médiatiques comme Jean-Marie Colombani sur France-Inter le lundi 16 mai 2011 se disent "tristes". Valérie Kosiuzcko-Morizet Ministre du gouvernement, y va carrément en disant que "la victime avérée c'est la France" !!! (merci pour la vraie victime au passage ; belle solidarité féminine ! )

Eh bien non Madame, je ne vous permets pas de réduire la France et son peuple aux frasques** d'un seul homme, ou bien nous ne sommes pas égaux devant les lois. Parce qu'un hyper-riche, hyper-connu, payé grassement, se comporterait comme un porc à l'étranger, il faudrait que son méfait rejaillisse sur LA FRANCE entière ?

Et lorsque le même Français se comporte comme un porc de banquier, en protégeant leurs intérêts de banquiers, en mettant du coup l'Espagne au chômage, en fermant des services publics en Irlande, en mettant la clé sous la porte de la Grèce, la FRANCE n'aurait-elle pas honte à ce titre ?

L'homme il est vrai ne jouissait pas*** d'un casier judiciaire vierge****. Dans un premier temps, en bon militant d'une cause de gauche, je me suis dit que la gôche authentique du Parti Socialiste serait donc libérée de ce socialiste "de correction" puisqu'il venait d'en recevoir une, car il allait se placer pour longtemps sur une banlieue orbitale d'infamie, dont on ne revient pas de sitôt. Les dés de l'élection présidentielle sont donc pipés***** aux yeux des amoureux de la démocratie qui nous donnaient le non-choix du 2nd tour avant le 1er, le non-choix entre un candidat non déclaré et un autre. OUF !

Libérés donc du très-libéral oui, passé à quelques centimètres d'une élection******.
Mais pas libérés de ses acolytes, accrocs à la social-démocratie, les nombreux du P.S. LesValls, les Moscovici, les Fabius, les Aubry, les convertis à l'économie de  marché qui font le P.S d'aujourd'hui.

Donc, ne pas se réjouir top vite quand on est de gauche. Politiquement et cyniquement, j'aurais préféré avoir comme candidat un bon gros DSK, au moins ça aurait été franc du collier, plutôt qu'un dirigeant du P.S bon teint, bon chic et bon genre. Là, le Front de gauche va manquer non pas d'arguments, il en a de bons et nombreux, mais peut-être manquer d'une personnalité à pendre à son crochet critique. (Eh oui, ça sert quelquefois un épouvantail...)

On me disait que c'était un homme intelligent.Tout se passe comme s'il avait voulu se suicider, car cet acte manqué, s'il y a, relève de la psychnalyse.
A moins que Dominique Strauss-Kahn fût sous le coup d'un attentat, d'une machination (encore possible) ou sous l'effet de je ne sais quelle substance illicite ou licite, ou encore fatalement porté sur la braguette, on ne se fait pas avoir comme un bleu ni par une vamp, ni une employée d'hôtel, quand on les moyens de se taper toutes les stagiaires du monde prêtes à entrer au F.M.I, et même si une cambrure pouvait faire damner un saint, fût-il saint-patron du F.M.I !

Lorsqu'on est en pleine pré-campagne présidentielle, on se prémunit des opportunités d'attentats (y compris à la pudeur (ce qui n'est pas le cas ici, je sais Mesdames) on se protège des apparitions compromettantes...

Quoique... quand on s'appelle D$K on est déjà compromis par les plans d'austérité que le F.M.I fait tomber sur les comptes publics, c'est-à-dire les travailleurs (politique dite de l'aFfaMeur grec)

Dominique Strauss-Kahn a été inculpé pour agression sexuelle et tentative de viol. (AFP)
Mais pour finir, je voudrais relever une observation d'un membre du Parti Conservateur U.S (une fois n'est aps coutume) : "C'est le genre de personnes qui dirigent le FMI et entre les mains desquelles nous voulons mettre les finances mondiales. Cela devrait ouvrir les yeux de chacun sur la nécessité de regarder ce qui se passe au FMI et nous convaincre de ne pas abandonner davantage de souveraineté à une organisation comme celle-là et à un individu comme lui" Ron Paul sur Fox News.

Je trouve cette remarque pleine d'hypocrisie, de mauvaise foi et de bon sens américain, et donc je ne pouvais m'empêcher de la faire paraître dans ces colonnes.

Bon courage à cette jeune américaine de 32 ans, qui a sur les épaules le plus gros scandale politique qui ait touché le FMI puis la France depuis le Monica Gate. Il reste qu'elle va devoir affronter un second choc, l'interrogatoire de la police, les prélèvements divers et variés, et (re)passer à mon avis un mauvais quart d'heure d'ici le procès et au-delà. Elle aussi elle en prend pour vingt ans.

Demain, la brave demoiselle devrait avoir des visiteurs bien intentionnés qui lui demanderont de retirer sa plainte par avocats interposés, ça s'appelle une négociation à l'amiable. Aux U.S.A tout finit toujours par une transaction.


En France les avocats de Tristane Banon (fille d'une Conseillère Régionale de Normandie) agressée par DSK en 2002, s'apprêtent à porter l'affaire en justice.


Lexique :
*Amour (ici dévoiement du terme, note à l'usage des politiquement ultras-correct(e)s ou ennemi(e)s de la langue française dans tous ses états ; ndlr)

** Je dis "frasque" alors attention : non pas que je veuille minimiser les faits survenus à la présumée victime mais parce que nous n'avons pas pour l'instant de preuve qu'un crime ait eu lieu. ndlr

*** "ne pas jouir d'un droit" ou d'une situation de fait est parfaitement français et ne connote aucun esprit pervers ; ndlr

**** "vierge" c'est-à-dire sans tache. Sans tache d'encre bien entendu. Je ne voudrais avoir d'ennuis avec la censure, ni vaticane, ni bien-pensante...

***** Là encore, ceux ou celles qui y voient une connotation hétéro-réactionnaire ne font que s'engager eux (elles)-mêmes.

****** "les dés sont pipés' = truqués. ndlr à l'attention de tous les chiens et de toutes les chiennes de garde qui se raidissent******** dès lors qu'une affaire de délit sexuel est en question, quand bien même le rédacteur n'aurait aucune commisération pour le présumé violeur, et même plutôt une certaine compassion pour la jeune femme qui porte plainte, ce qui en tant qu'homme hétérosexuel et donc réactionnaire (lire à cet effet le beau site féministe de Fatima Ezzahra Benomar) est assez remarquable !)

******* Les commentaires sont les bienvenus et je souffre la critique, au contraire, je la sollicite, mais en revanche, je ne supporte pas les mauvais procès. 

ndlr de la ndlr ******** je suis bien conscient que j'emploie le verbe "raidir" et le fais à bon escient histoire d'emmerder ceux ou celles qui y voient un inconvénient idéologique de taille, revendiquant ma liberté d'expression totale dans ce triste pays de France où il ne restera bientôt plus une goutte de liberté aux mal-nés comme moi.




mardi 7 décembre 2010

Partagé : "La Journée d’Information Républicaine, Civique et Syndicale".

Education et Démocratie
Proposition exposée devant l'atelier du "Programme Partagé" 
du Front de Gauche, Nanterre, le 09/12/2010

Afin de pallier aux insuffisances d’information des citoyens et des salariés en ce qui concerne le fonctionnement des Institutions et du Monde du travail, je propose que soit institué une :

Journée d’Information Républicaine, Civique et Syndicale

Il faut offrir à tous un égal accès aux fondamentaux démocratiques et en particulier, vu les taux  records d'abstention aux élections que nous atteignons, et vu les nombreux salariés que nous connaissons tous qui ne sont pas descendus dans la rue par manque d'information quant à leur droits réels de faire grève sensibiliser les jeunes citoyens à notre rôle de citoyen actif, à nos droits et à nos devoirs envers la société.


Institution dʼune Journée obligatoire dʼInformation Républicaine, Civique et Syndicale dès lʼâge de la majorité, pour les citoyens scolarisés ou non, stagiaires de la formation professionnelle et apprentis, tous ceux qui arrivent sur le marché du travail et qui vont déposer leur premier bulletin de vote.

Il faut ajouter une Journée Décennale Volontaire, prévue au Code du Travail, payée par lʼentreprise, pour libérer la journée de tout salarié et citoyen (ainsi que les primo-arrivants) qui désirent remettrent à jour une fois tous les dix ans leurs connaissances civiques au cours des évolutions du droit et des institutions.

La Journée dʼInformation pourrait contenir : 

  • Le fonctionnement de la démocratie, institutions, fondamentaux économiques. 
  • Lʼexistence des différents codes, civil, commercial et pénal, les devoirs du citoyen. 
  • Droit du Travail, la représentation des salariés, le droit de grève.

À lʼissue de cette journée, le citoyen se verra remettre une brochure des fondamentaux abordés lui permettant dʼapprofondir ses acquis, ainsi quʼune bibliographie, un CD-Rom incluant des liens vers les principaux Sites du gouvernement et des Services Publics et vers les Syndicats professionnels existants, regroupés sous un Site internet public connexe comme “Droits et Devoirs Civiques et Républicains” réactualisé et servant de référence permanente.

Les casernes, pourvues de lieux dʼaccueil pour les “trois jours” de préparation militaire d'autrefois, pourraient être le lieu d'accueil des citoyens aux Journées dʼInformation.

La première convovation à la Journée oligatoire pourrait remplacer lʼenvoi de la Carte dʼélecteur qui ne sera remise quʼà lʼissue de la session dʼInformation.

jeudi 2 décembre 2010

Cher Eric Cantona, nous irons tous avec toi au guichet le 7 décembre 2010

"La révolution est simple à faire"

Oui, Eric Cantona, tu as raison en effet. C'est simple, il suffit de voter pour un candidat qui offre un programme anti-systémique. Ou plutôt un programme politique concret de retour à un système normal, équilibré entre la part du capital et la part du travail.

Un programme d'intérêt général où les questions écologiques -ce qu'on fait de notre environnement- économiques et sociales -ce qu'on fait de notre travail-  et institutionnelles -ce qu'on fait de notre souveraineneté- ne soient pas désencastrées l'une de l'autre, c'est-à-dire un programme Socialiste et Républicain. Un programme de Gauche, quoi...






Ton idée me séduit, moi aussi. Pour ce qu'elle révèle au grand jour.
Parce que, maladroitement, tu réintègres dans l'esprit des honnêtes gens -qui croient donc tout ce qu'on leur dit et qui triment sans jamais broncher- l'idée saine et simple que ce sont eux qui font vivre la société, qu'ils sont acteurs de leur destin, qu'ils sont producteurs de richesse, et qu'à ce titre ils auraient tort de ne pas faire entendre leur voix d'une façon ou d'une autre, et que les coupables des maux du Tiers-monde et de nos pays d'Europe maintenant, sont nos bien nos captateurs de richesse à nous que sont les banques. Pas les banques de dépôt, peut-être, mais les gros groupes bancaires, les banques de placements, d'investissement, pour lesquelles on se demandent bien dans quoi elles investissent de concret, puisqu'il faut rappeler un chiffre :

  • 98% des transactions financières mondiales ne vont pas à la production réelle, mais à la spéculation boursière. De l'argent sans travail... le rêve de la bourgeoisie enfin réalisé. 

Ce qui est émouvant pour moi et inquiétant pour les Possédants, c'est que s'insinue lentement mais sûrement  l'idée d'un moment de communauté synchrone capable d'affaiblir cette hydre à mille têtes que sont les marchés financiers. Tous en même temps, accomplissons la même action, comme le jour où nous allons voter en somme.

Ce que tu proposes, cher Eric, n'est autre qu'une façon de consultation populaire. Imaginons que 15 millions de personnes retirent pendant 24 h l'entière somme de leur compte courant, on aura une image précise et comptabilisée de la température la révolte. Même si on peut truquer les compteurs.


C'est sympathique, certes, mais ça ne va pas très loin. Les banques alertées mobilisent des mesures techniques de déplafonnement de leur réserves disponibles car aujourd'hui, cette réserve est dématérialisée. Mais qu'importe, tous aux distributeurs le 7 décembre prochain et nous verrons si les donneurs de leçons perpétuelles qui trônent en république du côté de Bercy ont toujours leur mine superbe !

Lire l'analyse autrement sérieuse de Frédéric Lordon sur son blog  "le Monde de la Phynance" : Ne pas détruire les banques, les saisir !